Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 03:00

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En séance à l'Assemblée Nationale

 

 

En matière de cumul de mandats électoraux et des indemnités qui les accompagnent, la France est championne toutes catégories. 

 

La loi autorise les élus à cumuler "les petits boulots", alors ils ne se privent pas ! Et la loi, ce sont eux qui la font, alors ... «indignez vous» dit l'ancien dans son best-seller ! L'écho répond : « ♫  ça fait rire les oiseaux ♪ et chanter les abeilles ...♪

 

Pourquoi et comment voulez vous que cela change ? 

 

Parmi toutes les démocraties de la planète, seul notre pays présente cette singularité : près de 90 % de nos élus sont des cumulards ! Il est devenu très rare de rencontrer un parlementaire exerçant son mandat de député ou sénateur à temps plein et uniquement celui-ci. 

 

Pourtant, on peut s'accorder sur le fait qu'ils sont plutôt bien payés pour faire le boulot ?!

 

Députés et sénateurs touchent :

 

5 514 euros d'indemnité de base

   165 euros d'allocation logement

1 420 euros de prime de fonction

6 412 euros d'indemnité représentative de frais de mandat, forfaitaire sans justificatif.

Soit un total de 13 512 euros/brut/mensuel. Tous frais de transport payés, frais de postage, dotation informatique, personnel attaché rémunéré par l'une ou l'autre Chambre.

 

Pour deux à trois jours par semaine : ça va, c'est pas trop dur ...

 

Il y a quelques années, il n'était pas rare de constater qu'un député était aussi maire, président d'un syndicat mixte, conseiller général  et ... député européen !

Certes, les choses ont changé avec les lois sur le cumul, notamment en 1992 et en 2000.

 

Qu'en est-il aujourd'hui ?

 

  La loi

 

- Les incompatibilités entre mandats électifs,

- Le cumul des mandats électoraux,

- La pratique du plafonnement des indemnités en cas de cumul,

- L'écrêtement des indemnités en cas de dépassement

 sont régis par :

- la loi organique n° 92-175 du 25 février 1992

- la circulaire du 15 avril 1992 (J.O., 31 mai 1992, p.7303 et suiv.)

- la loi organique n°2000-294 du 5 avril 2000

- la loi organique n°2000-295 du 5 avril 2000 

 


Incompatibilité entre mandats

 

Un parlementaire (député, sénateur, député européen), ne peut exercer plus d'un mandat dans l'une des assemblée délibérantes locales suivantes : conseiller régional, conseil général, conseil municipal d'une commune de plus de 3500 habitants, Assemblée de Corse, conseil de Paris.

Un parlementaire (député, sénateur, député européen) ne peut exercer un autre mandat parlementaire (député, sénateur, député européen).

Un membre d'une assemblée délibérante locale (conseil régional, conseil général, conseil municipal, Assemblée de Corse, Conseil de Paris, peut exercer un seul autre mandat dans une assemblée délibérante locale.

Le chef d'un exécutif local (président de conseil régional, de conseil général, un maire, un maire d'arrondissement, le président de l'Assemblée de Corse, ne peut pas exercer un autre mandat de chef d'exécutif local.

Les mandats d'élus des communautés de communes, d'agglomérations, urbaines, ou syndicats mixtes ne sont pas concernés par cette loi.

 

Cumul des mandats et des indemnités

 

Un élu cumulant plusieurs mandats électoraux ou fonctions électives ne peut cumuler les rémunérations et indemnités afférentes à ces mandats ou fonctions que dans la limite d'une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire de base. De telles indemnités sont actuellement ainsi plafonnées : 

- pour un député ou un sénateur : à 9 857,49 € par mois.

- pour un élu non parlementaire : à 8 272,02 € par mois

Les indemnités de mandats d'élus d'EPCI (Communauté de communes, d'agglomération ou urbaine) ainsi que les Syndicats mixtes sont également concernées par ce plafonnement.

 

L'écrêtement 

 

L'écrêtement des indemnités liées à l'exercice de plusieurs mandats :

Un élu dont les indemnités dépassent le plafonnement tel que cité plus haut, se verra obligé de signaler, à l'autorité trésorier payeur, cet état de fait et reverser la part écrêtée de son indemnité. Il aura la faculté de choisir la ou les indemnités sur laquelle ou lesquelles interviendra l'écrêtement. Il pourra décider également de reverser la somme écrêtée à un ou plusieurs élus de son choix au sein de la même assemblée délibérante. Cette décision fera l'objet d'une délibération et sera communiquée à l'assemblée délibérante concernée.

Elle devra mentionner le nom des bénéficiaires et les montants attribués dans le registre des délibérations.

 

Exemple :  Monsieur Dupont est député, maire d'une ville de 30 000 habitants chef lieu d'arrondissement et de cantons, président de la communauté urbaine de 50 000 habitants

Ses indemnités seront :

7 100,15 + 6 412 = 13 512,15 €   au titre de député  

3 421,32 + 20%  =  4 105,58 €  au titre de maire

4 181,62 € au titre de président d'Epci

Le plafonnement qui le concerne est de 9 857,49 € ,  auquel on rajoute l'irfm de  6 412 €, cela fait  16 269,49 euros. 

Son indemnité de maire suffit déjà à dépasser ce plafond. Il devra signaler son dépassement de plafond et décider en conseil municipal le reversement de la somme écrêtée au titre de maire :

(13 512,15 + 4 105,58) - 16 269,49 =  1 348,24 €

Somme qu'il choisira d'attribuer à un ou plusieurs élus au sein du conseil municipal.

Quant à son indemnité au titre de président de la communauté urbaine, elle fera l'objet du même processus lors d'une assemblée délibérante de cette Epci. La totalité de cette indemnité sera attribuée à un ou plusieurs élus du choix de Mr Dupont. 

 


Pour ou contre le cumul des mandats : les arguments


• Les élus nationaux, pour justifier leurs mandats locaux - maire, président ou vice-président de communauté, conseiller général ou régional - arguent l'avantage d'un ancrage de proximité indispensable à la bonne connaissance des dossiers et des citoyens.

« Contestable : un député représente les citoyens d'une circonscription, non d'une ville en particulier. L'emploi du temps d'un député à temps plein ne l'empêche pas d'aller au devant de ses concitoyens dans toute sa circonscription.»

 

• Un maire cumulant avec un mandat communautaire (communauté de communes , d'agglomération ou urbaine) justifie l'intérêt de représentation de sa commune.

« Cela est logique. Sauf à démontrer l'intérêt réel de telles stuctures ayant contribué surtout à l'explosion du nombre de fonctionnaires territoriaux. Ceci est un autre sujet.» 

 

• Un élu local cumulant avec un mandat au sein du Conseil général ou régional. 

« Là encore, cela peut sembler logique.» 

 

• Un maire peut cumuler jusqu'à quatre ou cinq mandats locaux ou fonctions électives grâce à la non prise en compte des syndicats mixtes et des conseils communautaires dans la loi sur le cumul de mandats.

« Chacun se fera son opinion ! Les conflits d'intérêts ne doivent pas manquer ...»

 

 

Pour ou contre le cumul des indemnités : les arguments

 

• Le cumul des indemnités est encadré par la loi comme on l'a vu plus haut. Limitation à 9 857,49 € pour les parlementaires , avec l'irfm à 6 412 € cela fait 16 270 €.

8 272 €  pour les autres élus. Les élus concernés diront qu'ils consacrent beaucoup de temps à leurs fonctions.

« Toute la question est là : un maire d'une ville de 10 000 habitants qui consacre 3 à 4 heures par jour à sa mairie, avec des responsabilités importantes, qui gagne environ 2 500 euros/mois, est rémunéré au plus juste. S'il consacre 2 ou 3 heures à une réunion du conseil communautaire en tant que président ou vice-président, une fois tous les 2 mois, pour une indemnité variant de 1 600 à 3 500 euros/mois, on peut considérer que cela compense largement la petitesse de son indemnité de maire ... Mais si on rajoute une indemnité de 2 500 à 3 000 euros au titre de conseiller général, où la fréquence des réunions d'assemblées laisse penser que cette fonction est largement trop rémunérée, au point que cet élu parvienne à crever le plafond ...

Autant l'indemnité de maire est peu élevée, autant celle de conseiller général ou régional est une pure escroquerie ! »

 

Pour ou contre l'écrêtement : les arguments

 

• L'écrêtement d'indemnité(s) au delà des plafonds cités plus haut, résulte de la loi. L'argumentation des élus concernés est absente ou méconnue.

 

« En fait, ça les arrange bien ! Et cela constitue un vrai scandale. Cette pratique antidémocratique perdure, malgré la tentative d'amendement du courageux député René Dosière fin juin 2011. Le Parti Socialiste n'apprécie guère son combat contre le cumul : il est viré du PS et non investi par le parti depuis deux mandatures !

 

Imaginez le clientélisme et les magouilles que cette pratique d'écrêtement favorise : versement de somme écrêtée à l'épouse ou la compagne adjointe ou conseillère municipale. Exemples : le député-maire Balkany, Franck Martin, maire de Louviers, l'ex-sénateur Mahéas, maire de Neuilly-sur-Marne etc.

 

Le sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, qui octroie, au titre de président de la communauté urbaine, un écrêtement au maire UMP de Toussieu, Paul Vidal, qui à la surprise générale fait voter un projet contre lequel il était farouchement opposé auparavant !

 

Autre exemple : Gérard Larcher, alors président du sénat, qui "oublie" de déclarer son dépassement de plafond !  Plainte est déposée par l'opposition au maire de Rambouillet. Il s'en tirera avec un remboursement de 8 600 euros, mais pas de suite pénale. Il faut dire que l'épouse du procureur Ingall-Montagnier, en charge du dossier, n'est autre que ... la conseillère de Larcher au sénat pour les questions de justice !

 

On peut imaginer des échanges d'enveloppes en liquide, sous le manteau ...

 

Et si messieurs-dames les cumulards ne veulent pas qu'on les soupçonne de telles "ignominies", qu'ils contribuent à changer cette loi digne d'une république bananière ! » 


 

N'hésitez pas à donner votre avis en cliquant sur le lien au bas de l'article :

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À voir aussi, dossier (presque) complet sur le cumul : "Cumulus Politicus"

 

 

 

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Commentaires

 Bonsoir,

Effectivement tout cela est fortement injuste...Surtout déjà appliquer la loi,et instaurer un plafond pour les personnes cumulant plusieurs mandats.

Commentaire n°1 posté par Olkif le 02/02/2012 à 19h44

Vous avez oublié pour certains que je connais personnellement leur salaire dans la fonction public pour un travail qu'il n'effectue pas.....

Commentaire n°2 posté par gysmo le 04/02/2012 à 09h35

Ce n'est pas un oubli ... nous ne pouvons connaitre (ou enquêter) la situation personnelle de chaque élu.

Par contre, les fonctionnaires exerçant des fonctions d'élus à temps plein, ont le droit (la loi les y autorise !) de continuer à cotiser pour leur pension de retraite tout en étant "détaché" sans traitement pendant la durée de leur(s) mandat(s). 

Si vous connaissez des cas précis de fonctionnaires continuant de percevoir leur traitement sans travailler, communiquez nous les, par le biais du formulaire "contact" en bas de page ...

merci pour l'intérêt que vous nou portez  

cordialement,

Commentaire n°3 posté par webmaster le 04/02/2012 à 10h39

la vérité peut, éventuellement, déranger quand elle est exacte. Il se trouve que les données sont truffées d'erreur sur mes mandats:

1) je ne suis pas adjoint au maire, mais conseiller municipal, sans indemnité

2) ma vice présidence à la CA se monte à 1024€/mois dont une partie est versée à mon parti

on est donc loin des 2874€ que vous annoncez. Pour être crédible, il faut vérifier les chiffres annoncés! C'est facile la démagogie...mais elle ne fait rien avancer

NB: il n'y a pas de "contact" en bas de la page

Commentaire n°4 posté par cayuela le 07/02/2012 à 23h06

à Gérard CAYUELA :

Pardon pour cette erreur. elle est rectifiée.

Quant aux mots "truffées" et "démagogie" ,  ils sont excéssifs !

Le lien "contact" est bien présent sur le site en bas de page ( non sur le dossier html "cumulus politicus")

cordialement,

Commentaire n°5 posté par webmaster le 08/02/2012 à 10h25

Croyez vous nous surprendre en dénonçant ces profits desespérement honteux des professions liées à la cour du monarque. 

N'est il pas une révolution de 1789 qui a redonné au peuple le POUVOIR !

Louis XIV a eu un héritier et nous comprenons mieux maintenant les réactions de nos ancêtres : ils trimaient pour une faible poignée de bénéfice et le roi passait son temps en discussion de projets avortés, se déplaçant, non en carosse doré, mais en avion personnel (250 000 € pour l'année 2011) 

Sans conteste le moi de Mai, le joli mois de Mai, va nous rmener l'espoir d'un printemps bon à vivre !

Commentaire n°6 posté par Montegnies le 10/02/2012 à 16h11

Bonjour,

Je vous signale une erreur concernant le député Lassalle de PA. Contrairement à ce qui est indiqué sur le site de l'Assemblée nationale, il n'est plus Conseiller régional.

Bravo en tout cas pour votre travail;

A quand une notice sur le régime d'imposition de nos élus ? Au moment où on parle tant des niches fiscales, il y a des découvertes à faire !!!

Cordialement

Norbert

Commentaire n°7 posté par Guillot le 13/02/2012 à 12h31

à Norbert GUILLOT:

en effet, une erreur grossière, il n'a même jamais été conseiller régional !

Concernant l'imposition des élus, il y a en effet un gros dossier à travailler ! Le temps manque malheureusement ...

Merci pour vos encouragements .. cordialement,

 

Commentaire n°8 posté par webmaster le 13/02/2012 à 19h33

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